COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Défendre une mobilité responsable

La Fédération des Professionnels de la micro-mobilité (FP2M) réagit à la communication faite à propos des trottinettes électriques qu'elle juge irrespectueuse pour ses 2 millions d'utilisateurs.

Quelques jours avant la sortie des chiffres du baromètre marché de la micro-mobilité, la FP2M prend la parole.
Décryptage...






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Accompagner l'usage des nouvelles mobilités : Équité et économie d'énergie

Les Engins de Déplacements personnels (trottinettes, gyroroues, skates électriques…) parents pauvres des mobilités !

L'assertion ci-dessus, depuis le Décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 relatif à la réglementation des engins de déplacement personnel, tend à passer dans les oubliettes. La Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité y travaille. 

Outre cette reconnaissance dans le code de la route qui se doit de transpirer dans tous les textes réglementaires du mille-feuille français, la FPMM œuvre fortement pour que les « oublis » de ce décret soient corrigés par les autorités publiques et, surtout, pour que les avantages accordés aux autres mobilités s’étendent aussi aux EDPMs. Et c’est encore loin d’être le cas.

Dans le champ des bonnes nouvelles en 2020, la prise en compte dans le forfait mobilité, via le Projet de Loi de finance 2021, du remboursement par l’employeur de l’investissement dans un EDPMs pour ses trajets domicile-travail. Effective à partir de janvier 2022, ce retard au démarrage est plus que préjudiciable pour le développement de ces mobilités de proximité.

De nombreux sujets liés à l’accompagnement financier des utilisateurs restent sur la table des discussions. Un grand différentiel de traitement entre les mobilités subsiste, à la défaveur des EDPMs qui se voient imposer les contraintes sans bénéficier des avantages. L’équité de traitement entre les différents engins est loin d’être acquises : aides à l’achat accordés par les collectivités, réduction d'impôt pour mise à disposition d'une flotte de vélos (l'article 220 undecies A du code général des impôts), etc…

Autre très importante réalisation ; l’approbation par les services de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) – ainsi que de l’ADEME d’une initiative imaginée, conçue et co-portée par la FPMM qui a associé l’association Prévention Routière à la démarche : le programme MOBIPROX. 

Approuvé en 2020, le programme Mobiprox est un dispositif d’économie d’énergie (CEE) qui entend accompagner le développement des «mobilités douces» dans l’objectif de réduire les dépenses énergétiques liées au déplacement des personnes. Épousant parfaitement les objectifs de la FPMM, ce programme, debout sur deux piliers, est l‘outil le plus efficace mis en place en faveur des nouvelles mobilités :

1/ Évaluer l'impact énergétique des mobilités en Engin de Déplacement Personnel Motorisé (EDPM) auprès d'un échantillon de particuliers et des organisations possédant des flottes d'engins de déplacement personnels.

  • 550 volontaires et soucieux de leur choix de mobilité, équipés de boîtiers de géolocalisation, voient leurs déplacements suivis pendant 24 mois ! En parallèle, ils répondent, tous les mois, à une quinzaine de questions liées à : leur comportement de conduite, l’infrastructure, l’impact de la météo, le type d’engins… et toutes ces informations, croisées, enrichies de différentes données (Traffic, météo, etc…) seront analysées, sur le long terme, dans le but d’avoir, enfin, des données solides et qualifiées pour évaluer l’impact écologique réel de l’utilisation des EDPMs en France.
    Les informations issues de cette collecte de données seront des outils stratégiques, la FPMM l’espère, pour que les politiques locales et nationales prennent en compte, de façon positive, les mobilités nouvelles.

  • Jusqu’à 2000 trottinettes de flottes d’entreprises, en collaboration avec les opérateurs de location, vont être suivis dans le même temps. Toutes les données remontées (kilomètres parcourus, fréquence d’utilisation, etc…) vont, là aussi, permettre d’évaluer l’impact écologique des flottes – majoritairement – de trottinettes en entreprise.

Outre la complémentarité avec les informations venant des possesseurs, l’analyse des mobilités des entreprises et/ou collectivités permettront d’alimenter en information qualifiées les politiques RSE et d’optimiser la prise en compte des EDPMs dans l’établissement des différents plans de mobilité.

2/ Mieux faire connaître ces nouvelles mobilités dans toutes leurs composantes (prévention, réduction d'énergie, réglementation, usages) au travers de campagnes de sensibilisation/initiation auprès des entreprises (privées ou publiques), des collectivités, des établissements publics. 

Ce volet, extrêmement sensible, est l’arme absolue pour impacter réellement le comportement des gens quant à la prise en compte des questions énergétiques dans leur choix de mobilité. On ne peut faire le choix de ces nouvelles mobilités de proximité si on n’améliore pas la connaissance du grand public quant à ces engins : leur potentiel en tant que maillon de la chaîne intermodale (monomodalité, multimodalité), leur utilisation en toute responsabilité (maniement, comportement, code de la route, prévention…), les droits et obligations liés à l’usage (code de la route, décret, caractéristiques techniques…) et surtout, l’impact environnemental de ces nouvelles mobilités au travers des multiples études existant et des leçons apprises venant de la phase amont (collecte de données) du programme.

Pour cette activité de sensibilisation, incontournable pour avoir un réel impact sur les économies d’énergie liées au transport, le programme Mobiprox s’appui sur un réseau d‘experts en mobilité et/ou en prévention routière qui ont été formés à l’utilisation de différents outils pédagogique (exemple : Klaxoon) et qui sont alimentés par l’expertise de la FPMM. 

La crise sanitaire a grandement perturbé l’organisation et la réalisation des différentes briques de ce programme qui, cependant, avance de façon optimale.

A ce jour, 7 Webinaires de sensibilisation /information ont eu lieu et 37 opérations en présentiel sont programmées un peu partout en France. Ces opérations de sensibilisation et d’initiation présentiels aux nouvelles mobilités seront réalisées par les professionnels hautement qualifiés des sociétés Two-roule et M-Wheel, toutes deux adhérentes à la FPMM. Quant au volet « collecte et données et évaluation de l’impact écologique », la mise en place de toute l’infrastructure a subi le retard inhérent à la crise sanitaire. Les partenaires techniques que sont Connected Cycle (acquisition de données), Aqoa (intégration de données), Green-Soluce (outil de calcul de l’impact écologique), ainsi que le recrutement des panelistes (Smart Mobility Lab et OpinionWay) font preuve d’une grande souplesse et adaptabilité. Cependant, les remontées de données débutées en janvier 2021 vont en s’accélérant et le programme se fait fort de communiquer au premier semestre 2021 des informations hautement qualitatives sur l’impact des EDPMs.

La FPMM et ses adhérents continuent à prendre à bras le corps les challenges, encore nombreux, visant à accompagner les nouvelles mobilités. 

Au travers du programme MobiProx notamment, les entreprises qui souhaitent mettre en place une flotte de trottinette pour leurs salariés et veulent évaluer leur impact écologique réel sont invitées à participer à ce très beau programme. Les acteurs de la location en entreprise réunis au sein de la Fédération (Plume Mobility, Green-Riders, M-Wheel …) participent tous aux efforts techniques de remontées d’information qui alimenteront l’outil de calcul. Ces informations, totalement anonymes dans le très strict respect de la RGPD, seront mises à disposition sur l’Observatoire des micro-mobilités pour servir autant aux entreprises émettrices de données qu’à la très large communauté intéressée par les nouvelles mobilités.




BILAN D'ACTIVITÉ 2020

2021, la vitesse de croisière

La mobilité urbaine et périurbaine est confrontée à un vent de renouveau sans précédent au 20ème et 21ème siècle. Après des décennies du règne quasi exclusif des véhicules à motorisation thermique, avec la voiture notamment, de nouveaux modes de déplacements à propulsion électrique viennent prendre une place importante dans le paysage. L’année 2020 a été une preuve éclatante que les Engins de Déplacement Personnels Motorisés font partis des solutions les plus innovantes et vertueuses pour une évolution des mobilités du quotidien.

Les adhérents de la fédération des Professionnels de la Micro-Mobilités se sont encore plus mobilisés en cette année délicate de crise sanitaire pour embrasser tous les sujets pertinents, dans des efforts collaboratifs inédits, afin d’accompagner la montée en puissance de toute la filière.


Le moteur principal de la FPMM, en 2020, fut de prendre à bras le corps les challenges afin de proposer de nouveaux modes de déplacement plus responsables aux villes et aux localités périurbaines, en mettant en avant des alternatifs aux motorisations thermiques tour à tour plus flexibles, plus adaptées à une demande devenue protéiforme, en phase avec les problématiques d’engorgement des villes et surtout plus respectueuses de l’environnement. 

Le Bilan 2020 des activités de la FPMM montre toute la diversité des sujets portés par les adhérents, les succès importants obtenus grâce aux efforts de tous et surtout les innombrables challenges auxquels nous devront faire face dans un esprit de coopération, de coopétition et de responsabilité.

Ci-dessous👇 le bouton pour télécharger le Bilan d'activité de la FPMM. 

 


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Jocelyn LOUMETO

Délégué Général de la Fédération des professionnels de la Micro-Mobilité.


Retour sur les Webinaires de la session annuelle de la Fédération.

Usages et marchés: les futurs des Nouvelles mobilités

 

La Fédération des professionnels de la micro-mobilité a organisé, le 8 décembre 2020 après-midi, un webinaire autour du futur des nouvelles mobilités. Le live, était structuré en 3 temps : 

 

  • le partage de l’espace pour les nouvelles mobilités

  • les services aux usagers

  • prospectives et orientations du marché. 

Pour introduire le futur des nouvelles mobilités, la fédération présentait un bilan de l’année 2020, avec ses succès passés et ambitions à venir. Jean Ambert est notamment revenu sur un highlight de 2020, avec l’enquête “Usages, risques et perceptions”, dont vous trouverez un article récapitulatif ici

 

Cette année, marquée par la crise sanitaire, a prouvé une chose pour le marché des EDPM : ses utilisateurs ont encore des difficultés à se faire pleinement accepter dans l’espace public. Ces nouveaux modes de transport sont encore trop souvent mal aimés des autres usagers qui les stigmatisent. Le problème est également structurel, puisque les infrastructures et la signalétique routière ne sont pas encore pleinement adaptées à ces nouvelles pratiques. 

Pour la FPMM, l’enjeu est d’accompagner ces pratiques pour que les usagers trouvent enfin leur place dans l’espace public. Partout en France, une politique de mobilité est en cours de déploiement. 

1ere Table ronde - Nouvelles mobilités et partage de l’espace

Comment œuvrer pour que chacun profite de la ville aujourd’hui ? Comment faciliter toutes les mobilités dans l’espace public ?

Pour Olivier Schneider, président de la FUB, “tous les français doivent avoir le choix de leur moyen de déplacement. La LOM apporte de nouveaux leviers pour donner une vraie place aux nouvelles mobilités”.  Les EDPM répondent à certains besoins auxquels le vélo ne répond pas, comme celui d’avoir un engin compact, pliable et transportable dans les bus, trains et métros. Aussi, il ne faut pas opposer les modes de transports, mais bien mettre en avant leur complémentarité en termes d’usages. 

 
Comportements et respects des règles

 

Stéphane Pénet, délégué général adjoint à la FFA, envisage la cohabitation des modes de transports comme un enjeu majeur dans la cartographie des assureurs aujourd’hui. Il y a quelques années, le risque routier était plus matériel que corporel en ville. Avec les nouvelles mobilités, le risque corporel devient plus important. Si les propriétaires sont plus avisés que les locataires d’EDPM, des progrès restent à faire, notamment sur les comportements et la connaissance des règles de circulation. “Constructeurs, loueurs, assureurs, pouvoirs publics, tout le monde doit s’allier pour sensibiliser les usagers”, conclut Stéphane Pénet, pour un partage apaisé de l’espace public. Damien Pichereau, député de la Sarthe, partage le point de vue du délégué général adjoint de la FFA, en proposant de mettre en place un observatoire des nouvelles mobilités, afin d’anticiper les nouveaux modes de déplacement (et donc, de leur juridiction). 

 

Au-delà des règles, un travail public sur l’infrastructure

 

La réglementation doit être respectée par les différentes catégories d’usagers : les réguliers et les ponctuels. Il faut informer et sensibiliser les acteurs ponctuels au respect des règles. Si le partage de l’espace n’est pas simple, il faut en effet parler règles, mais aussi infrastructures, qui ne sont pas encore totalement adaptées aujourd’hui : les EDPM doivent pouvoir s’intégrer dans un espace parfaitement partagé. Pour Laurent Hecquet, directeur général de la MAP, un travail reste à faire dans les villes pour améliorer les infrastructures.  

Le problème d’adaptation de la ville à ces nouveaux usages est un enjeu fondamental pour les villes, qui se densifient. Les usagers d’EDPM sont souvent plus vulnérables, et des infrastructures dédiées peuvent les protéger.  

 

Pour conclure cette table ronde sur le partage de l’espace, Damien Pichereau revient sur l’importance de la réglementation mais aussi de celle des sanctions, pour lui complémentaires, qui permettent d’éviter tout débordements au niveau des comportements des usagers d’EDPM. Pour lui, l’espace public doit être apaisé, l’éducation, la sensibilisation et l’amélioration de l’infrastructure sont les clés de cet apaisement. 
https://www.youtube.com/watch?v=ABBzSsgQP6U&t=1578s

2e Table ronde - Les services aux usagers

 

On est dans une économie qui a débuté autour de l’usage d’un produit. Autour de ce produit, une offre de service s’est développée très rapidement. Les services sont centrés sur les usagers, et de plus en plus souvent, liés à l’environnement. 

Lorsque l’on met à disposition de nouvelles mobilités, il y a un enjeu d’éducation, de sensibilisation. Aujourd’hui, les entreprises sont en recherche d’accompagnement à l’usage. Joel Montout est fondateur de M-Wheel. Pour les entreprises, il propose un pack mobilité : si une flotte trottinette est mise en place en entreprise, M-Wheel propose de la sensibilisation et un accompagnement à l’usage. “De plus en plus de salariés viennent en vélo et en trottinette électrique. les chefs d’entreprises ont l’obligation de sensibiliser les collaborateurs”. 

 

Des services pour assurer la longévité et la fin de vie des EDPM 

 

Quand on s’intéresse aux enjeux des EDPM, on se rend compte de leur impact environnemental. L’activité d’Ecologic est centrée autour de la gestion des déchets. Des réglementations européennes imposent la mise en place de dispositifs pour la gestion de ces déchets. Le métier d’Ecologic, c’est d’apporter une solution collective aux acteurs du marché des EDPM. Bertrand Reygner est directeur des relations techniques et institutionnelles. Pour lui, “la trottinette électrique est un équipement complexe, mécanique, électrique et une batterie. Il faut lui trouver une bonne fin de vie. On a travaillé avec la FPMM pour gérer les déchets des EDPM. Le service est offert aux metteurs sur le marché”. 

 

Green-Rider centre également son activité autour des enjeux environnementaux et a choisi, pour 2021, de travailler sur le sujet du bilan carbone dans l’accompagnement de ses clients. Leur activité tourne autour de la distribution, de la réparation et de la location de trottinettes électriques. L’entreprise est dans une démarche de progrès, pour maximiser l’usage de l’équipement, est aussi liée à la réparation des EDPM. Aujorud’hui, les gens cherchent de la performance, de la sécurité. “Le besoin de réparation est de plus en plus présent. Sur 2019, on a réparé 15000 trottinettes. En 2020, les gens se sont redirigés vers la trottinette électrique, on a le double de demandes en termes de réparations” commente Grégory Hanquet, directeur du développement chez Green-Rider.

Pourtant aujourd’hui encore, 2⁄3 des réparateurs en france sont incapables d’intervenir sur des véhicules électriques, selon Julien Martinez, directeur de “Ma Mobilité” chez Allianz. Pour les EDPM, cela a un impact sur l’assurance. C’est la raison pour laquelle l’assureur réfléchit à accompagner leurs réparateurs sur la gestion des EDPM pour demain. 

Prospective : Quels services pour les EDPM demain ? 

Le marché des trottinettes électriques est en plein boom. Un besoin pour demain, c’est de développer une certaine réassurance, avec un service de contrôle technique des trottinettes pour permettre aux gens de mieux revendre leur trottinette. Il faut assurer la longévité des trottinettes, avec des services de réparation et de réemploi pour demain. 

Les services de demain seront également centrés “usagers” : “mobility as a service”, avec une expérience usager de grande qualité. Par exemple, avec un seul ticket de transport, on pourra demain prendre un bus et une trottinette, un atout majeur pour s’interfacer avec tous les modes de transports. Le rôle de l’assurance dans cette démarche est clé. Dans cette optique, Allianz teste déjà le marché, afin de protéger les usagers et les dommages possibles qu’il pourrait causer. 
https://www.youtube.com/watch?v=_Co-qxM5zTo

3e Table ronde - Orientations du marché et prospectives

 

On assiste aujourd’hui à un foisonnement d’offres autour des nouvelles mobilités, avec le multi-modal, de l’intermodal, des véhicules autonomes… Les mobilités sont plus légères, plus responsables. Cette offre mobilité est aujourd’hui multiple, et évolue en permanence. 

 

Un marché qui s’adapte aux évolutions des usages
 

Nicolas Gorse, DG France chez DOTT, donne sa vision sur l’orientation du marché des EDPM : “2021 sera l’année du vélo électrique. On va lancer notre vélo électrique en partage, et c’est aussi le cas de beaucoup d’opérateurs. La technologie est facilement scalable. Dott veut être un acteur multimodal, on va aller sur des villes plus petites aussi, avec des modèles économiques éprouvés dans de grandes villes, encore à prouver ailleurs”. 

Différents usages ont été accélérés avec la crise sanitaire. Les déplacements domicile-travail ont augmenté. Altermove a un réseau de magasins, et selon Benjamin Jude, responsable produit, les usages ne sont pas les mêmes selon les villes, à Paris ou à Bordeaux. “L’effet trottinette bashing a une vertu pour nous, il y a une opportunité pour les distributeurs d’EDPM. On doit construire notre offre avec un focus client”. En effet, si les usages des EDPM évoluent, le confort, la performance et la praticité ont de plus en plus d’importance aux yeux des usagers.  

La stratégie d’adaptation de l’offre est primordiale pour les acteurs du marché. Les magasins veulent des trottinettes étanches, une disponibilités des pièces détachées pour la partie service. Une trottinette électrique doit être réparée dans un délais raisonnable, ce qui représente aujourd’hui un vrai challenge pour les magasins. La trottinette devient bien plus qu’un outil ponctuel, c’est un véritable outil de mobilité au quotidien. 

 

La crise comme opportunité pour le marché des EDPM

 

Tout au long de la crise du COVID, le marché des EDPM a continué de croître. Karim Tarzaim, fondateur de Celerifere, voit la trottinette comme l’opportunité de finir les derniers km entre la gare et le lieu de travail, en évitant la voiture ou les transports en commun. Il a constaté la multitude d’offres et d’acteurs sur le marché des EDPM, qui se structure et attire beaucoup d’acteurs. La partie rechange était pour lui une opportunité. Chez Celerifere, il propose des EDPM dans lesquels chaque élément est changeable, pour garantir la durabilité des engins. 

Si la crise du COVID impacte durablement les usages autour des EDPM, pour Nicolas Gorse, elle a donné lieu à une volonté politique de favoriser les mobilités légères, un renforcement des infrastructures et des changements de mindset structurels chez les usagers. La demande se maintient à des niveaux élevés, même durant le second confinement. C’est une réelle opportunité pour le secteur. 

 
Une croissance à trois chiffres pour les trottinettes

 

Malgré la crise, le marché des EDPM poursuit sa forte croissance. Entre le black friday et Noël, la fin d’année est une bonne période business. Cependant, l’effet COVID a propulsé le vélo, qui a gagné 2-3 ans sur son marché. “La tension du marché du vélo va faire exploser celle de la trottinette”, selon Benjamin Jude. 

Pour les 5 prochaines années, DOTT concentre son développement sur l’aménagement des véhicules. Les caractéristiques liées à la sécurité et à l’usage sont en constante amélioration. L’entreprise s'oriente notamment vers les véhicules de mobilités pour plus d’un passager, pour les trajets de moins de 5km. Jocelyn Loumeto, délégué général à la FPMM, insiste en complément sur le côté réglementaire et sécuritaire des engins de micro-mobilité pour plus d’un passager. 

Karim Tarzaim, quant à lui, pense l’avenir de la trottinette comme une évolution des produits et des normes. Le marché est en croissance et se structure du point de vue des catégories de produits. Le micro-scooter par exemple, a un bien meilleur rendement qu’un scooter thermique. Pour le fondateur de Celerifere, c’est un produit d’avenir sur le marché des EDPM. Benjamin Jude rejoint également Karim, en insistant sur l’intérêt des services autour de ces nouveaux produits, dont celui du label, dores et déjà mis en place par la FPMM. 

Le marché des trottinettes électriques connaît aujourd’hui un boom sans précédent, avec une croissance de 73% de CA en 2019. Une vraie différenciation de gamme se dessine, avec des engins très qualitatifs en vente en magasins indépendants, et des engins prêts à l’emploi en circuits GSA/GSS/Enseignes multisports. Dans le cadre de cette évolution, la FPMM met à disposition des utilisateurs le label Qualité de Service en Magasin de Micro Mobilité (QS3M), afin de les accompagner dans la recherche de l’engin le plus adapté à leurs besoins. 

 

Merci à tous les invités pour leurs interventions passionnantes lors de cette dernière table ronde “Usages et marchés: les futurs des Nouvelles mobilités”. 
https://www.youtube.com/watch?v=-9PSO_SwSfA&t=1401s


Comment choisir sa Trottinette ?

Que ce soit pour se promener, aller au travail ou effectuer de courts trajets de proximité, la trottinette détient une place importante au sein de la famille des EDPM, puisqu'elle représente près de 80% du marché en volume de vente. Cependant, lorsque l’on souhaite acheter une trottinette, on se retrouve souvent perdus face à la diversité des prix et des caractéristiques techniques qui leurs sont liées. Pourtant, des règles assez simples peuvent vous permettre de vous orienter, trois caractéristiques majeures qu’il faudrait prendre en compte pour votre achat : l’autonomie de la batterie, le poids total de l’engin et sa puissance. 

 

Avant tout, comme nous le précisions dans notre dernier article, la première question que vous devez vous poser pour choisir votre engin est celle de l’usage que vous en aurez. Pensez-vous l’utiliser pour l’ensemble de vos trajets au quotidien ? Dans un usage monomodal ? Votre utilisation est-elle, par contre, multimodale ( par exemple en trottinette jusqu’à la gare, rangée pour le trajet en train puis utilisée pour rejoindre votre travail ou dans le coffre de votre voiture sur une partie du trajet...), vous ne prendrez pas en compte les mêmes caractéristiques pour effectuer votre choix. Dans tous les cas, la puissance, l’autonomie de la batterie et le poids de votre engin vont largement impacter son prix

La micro-mobilité, un marché en pleine structuration

Le marché des trottinettes électriques est très diversifié quand il s’agit de la puissance des batteries disponibles. On y trouve aussi bien des batteries à 12 volts qu’à 100 volts ! Cependant, plus de la moitié des trottinettes du marché portent une batterie de 36 volts. 

Comme vous vous en doutez sûrement, le prix varie et augmente avec le voltage. Pour une batterie de 36 volts et moins, vous avez des prix qui atteignent 800 euros, quand les batteries dont la puissance sera supérieure à 36 volts le prix de vente va passer les 2000 euros et plus. De manière générale, il faut retenir que les prix d’une trottinette varient environ de 65% en fonction de la puissance de leur batterie. 

 

Le poids et l’autonomie : deux caractéristiques décisives pour le prix d’un EDPM

 

Le poids de l’engin et l’autonomie sont deux caractéristiques liées fortement au voltage des batteries des trottinettes électriques. En effet : 

  • Un engin ayant une batterie de moins de 36 volts sera jusqu’à deux fois moins lourd qu’une trottinette ayant une batterie de plus de 36 volts. 

  • De même, un engin ayant une batterie de plus de 36 volts aura une autonomie jusqu’à deux fois supérieure (52 km en moyenne) et à celle d’un engin de moins de 36 volts (24 km en moyenne). 

Attention cependant : le poids d’un engin joue évidemment sur son autonomie, ce qui fait varier son prix. En moyenne, une trottinette de plus de 10 kg sera environ deux fois plus chère qu’un engin de moins de 10 kg, mais son autonomie en sera impactée. Une trottinette au poids et au prix faible pourrait donc paraître attrayante pour les trajets multimodaux, mais il ne faudra pas rechercher de fortes autonomies. 

La segmentation s’opère du marché des trottinettes en termes de prix serait donc fortement liée aux caractéristiques techniques et aux performances des EDPM que sur l’image de marque de ces véhicules, contrairement à ce qu’il existe dans l’automobile, la moto ou encore le cycle. Pour l’instant l’impact image, marketing ne semble n’avoir qu’un impact marginal sur le prix des trottinettes.

S’il ne fallait retenir qu’une information, ce serait que dans la plupart des cas, le prix d’un EDPM est fortement lié à sa performance, à sa puissance en watts. Lors de l’achat, le prix seul, et la puissance, ne suffisent pas à prendre une décision sur l’engin qui correspondrait à sa mobilité. Repartir sur les besoins réels pour définir ses besoins en termes de puissance, autonomie nécessaire pour son trajet, poids acceptable pour chacun mais surtout, y intégrer des notions de sécurité (qualité du freinage, des éclairages, etc…) et plus subtils de confort qui dépendent de chacun, pour trouver la bonne trottinette qui accompagnera au mieux vos futurs trajets ! 


Engins de micro-mobilité et norme AFNOR: pour un contrôle homogène du marché !

Le marché des EDPM est en proie à une problématique de contrôle

La sécurité des engins; le challenge ultime

Une des problématiques majeures auxquelles les fabricants, importateurs et distributeurs font face quant aux Engins de Déplacement Personnels Motorisés est celle du contrôle du marché, du contrôle de la sécurité de engins mis en vente en France qui, aujourd’hui, est faite de façon encore très hétérogène. Bien que les critères techniques d’évaluation de la sécurité d’un produit semblent clairs car résultant d’une Directive Européenne (Directive Machine), ses principes reposent pourtant sur un texte européen très généraliste. Les exigences dites « essentielles » de ce texte de loi couvrent des machines extrêmement hétérogènes dans leur conception, leurs fonctions et leurs finalités ce qui a pour conséquence un fort degré d’interprétation des attendus en matière de sécurité pour les usagers aussi bien par les administrations en charge que par les laboratoires de contrôle.


En tant que fédération engagée auprès de nos partenaires, l’un de nos enjeux prioritaires est celui d’agir pour assainir au mieux ces situations. Pour faciliter le dialogue entre autorités de contrôle et professionnels, fluidifier les discussions entre laboratoire d’essai et industriels, clarifier les choses pour les donneurs d’ordre de la distribution. L’une des armes les plus importante c’est la création d’une norme spécifique aux EDPM, qui aide à garantir la sécurité des engins de micro-mobilité pour les utilisateurs tout autant que la sérénité de ceux qui les proposent à la vente.

Des référentiels de test inadaptés, des autorités de contrôle en demande d’accompagnement

La relative nouveauté des engins de déplacement personnel et la difficulté à évaluer leurs qualité en terme de sécurité pour les usagers provoque des situations délicates que nos partenaires – fabricants, importateurs– nous font régulièrement remonter : la faible connaissance des engins – aussi bien du point de vue de leur leurs fonctionnalités que leurs utilisations réelle – induit des exigences non adaptées dans les cahiers de charge ou les choix techniques d’évaluation aussi bien des administrations, des laboratoires mais aussi des donneurs d’ordre de la distribution. Il n’est pas rare qu’une mauvaise appréhension de la fonction d’un engin ou, malheureusement, même un excès de zèle administratifs entraine des retards logistiques, des modifications parfois substantielles du produit sans que les demandent ne reposent sur des interprétations incontestables des textes de loi. 

De façon regrettable, parfois, une lecture personnelle d’un texte du code du travail par exemple, peut conduire à des exigences contraignantes pour le professionnel sans pour autant qu’elles aient une valeur ajoutée incontestable sur la sécurité des engins.

L’une des difficultés importantes repose d’ailleurs sur ces exigences faites aux professionnels de respecter un certain nombre d’article du code du travail. Ces textes du code du travail, largement extraits de la Directive Européenne « Machine », ont une orientation visant à protéger les employés dans les tâches nécessaires à leur travail, souvent même sur leur poste de travail.

La situation classique ? La fonction de pliage d’un engin sert-elle à faciliter son transport et/ou son rangement. Souvent les deux. Parfois, sur « gros » EDPM lourds en particulier, seule la compacité est recherchée. Donc, exiger quasi systématiquement une hanse de portage pour une trottinette n’est pas toujours pertinent ou en tout cas contestable.

Cela entraine parfois des situations ubuesques au moment de certains contrôles, à cause d’une analyse fonctionnelle peu pertinente ou à minima contestable, vont mettre le professionnel dans l’embarras.

La norme Européenne NF EN 17128 :2020 « Véhicules électriques personnels légers (PLEV) - Exigences de sécurité et méthodes d'essai », LE référentiel de contrôle commun : la nouvelle solution pour demain

Partant de ses difficultés qui ont un impact réel sur le quotidien des professionnels, la FPMM a accompagné fortement les travaux de la nouvelle norme NF EN 17128:2020 élaborée par l’AFNOR en novembre 2020. Cette norme s’attaque d’emblée au problème du contrôle par le marché, en répertoriant l’ensemble des critères « sécurité » liées aux différents usages des EDPM tels que ; les systèmes de freinage, les risques électriques, la traçabilité des produits, la résistance à l’impact, l’environnement électromagnétique, l’étanchéité, etc...

Plusieurs éléments sont pris en compte dans ce texte de norme. De façon non exhaustive :

Performance du freinage et sécurité

  • Présence d'un ou deux freins selon le type d'engin
  • Décélération maximum,
  • antidérapage,
  • force des freins à main ou à pied

Avertisseurs lumineux et sonores

  • catadioptre avant (blanc),
  • catadioptre arrière (rouge),
  • catadioptres sur les côtés (ni blanc ni jaune),
  • éclairage du mode « piéton »)
  • connexion physique ou sans fil permanent avec l’engin,
  • si perte du signal réduction de la vitesse à 6 km/h,
  • etc.

Les Marquage

  • numéro de la norme,
  • classe de l’EDP,
  • sa désignation,
  • son numéro de série,
  • sa puissance nominale,
  • son poids maximum
  • etc.

Le référentiel pour les contrôles en point de vente

Avec la mise en place de cette nouvelle norme, pour les industriels comme pour les distributeurs, ce sont les spécificités des EDPM qui sont prises en compte lors des contrôles. Sur les points de vente, des éléments importants de communication aux utilisateurs doivent être pris en compte, le packaging doit renseigner le client, et surtout les instructions d’utilisation (notice) doit comporter des informations minimales incontournables.

Pour rappel, le Décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 « relatif à la réglementation des engins de déplacement personnel » introduit des exigences spécifiques aux EDPM dans le code de la route

Grâce au travail en amont des professionnels, le texte de la norme européenne a largement pris en compte les exigences du décret dit « EDPM » afin que les professionnels puissent prendre en compte les désidératas des autorités françaises en termes de sécurité des usagers et de l’occupation de l’espace public. C’est là l’une des missions prioritaires de la FPMM ; travailler en collectif avec les professionnels et servir de courroie de transmission avec les autorités régulatrices afin que les développements de l’économie et des pratiques en nouvelle mobilité se fassent de la façon la plus responsable possible. 



À chaque usage sa trottinette : comment choisir la trottinette adaptée à mes besoins ?


À chaque usage sa trottinette : comment choisir la trottinette adaptée à mes besoins ?

Au sein de la nouvelle catégorie des Engins de Déplacement Personnel Motorisés dits EDPM, la trottinette a une place toute particulière : elle représente près de 80% du marché des nouvelles mobilités et est devenue incontournable pour effectuer les trajets de proximité du quotidien, que l’on soit urbain ou habitant des périphéries. Il existe pourtant autant de trottinettes qu’il existe d’usages :  si certains utilisent une trottinette pour se rendre au travail chaque matin, d’autres se servent de ces engins pour les loisirs, de la promenade dominicale à la randonnée sportive avec des collectifs de passionnés.


Dans ce contexte très hétéroclite, comment s’y retrouver à travers les différentes offres ? Quels critères retenir pour faire son choix ? Et surtout, Quel budget en fonction de ses besoins et usages ?

Vous vous déplacez principalement en trottinette : l’usage monomodal

Si votre trottinette est votre meilleure alliée pour aller travailler et effectuer tous vos déplacements du quotidien, si vous y avez trouvé votre bonheur pour assurer vos trajets courts ou longs, d'un bout à l'autre sans utiliser d'autres modes de transport que la marche; alors vous vous situez plutôt du côté des usages monomodaux. En cas d’usage très régulier de votre engin, vous devrez privilégier deux critères en priorité :


  • Le confort : optez pour une machine ayant une bonne suspension. Mieux vaut choisir des pneus gonflables (avec chambre à air), qui seront adaptés à des surfaces irrégulières.
  •  La fiabilité : préférez les trottinettes équipées au moins en freinage à disque hydraulique. Ce système est plus efficace pour encaisser les arrêts d’urgence, notamment sur les pistes cyclables.

En trottinette comme à vélo, l’usage quotidien requiert de porter une attention particulière au bien-être et à la sécurité. Afin de vous assurer de remplir ces deux facteurs, nous vous conseillons de miser sur un budget au-dessus de 900 euros. Si vos trajets dépassent les 10km au quotidien, le budget conseillé sera autour de 1500 euros.

Vous alternez entre plusieurs modes de transport : l’usage multimodal

Se rendre à la gare en trottinette, prendre le train, remonter sur sa trottinette pour rejoindre une station de métro ou un arrêt de bus : la multimodalité est un mode de déplacement de plus en plus prisé, pour le gain de temps qu’elle permet. Afin d’assurer ces transitions, c’est le côté pratique de la trottinette qu’il faut privilégier au moment de l’achat : un engin plutôt léger, pliable et facilement transportable sera plus à même de répondre à vos besoins.

Notre conseil : misez sur une fourchette de prix entre 500 et 900 euros. Pour des modèles premium, plus légers et encore plus qualitatifs, n'hésitez pas à investir autour de 1500 euros.


Vous désirez investir dans une trottinette pour des trajets très occasionnels ou pour vos loisirs

Pour un usage très occasionnel, vous pouvez tout à fait faire le choix d’une trottinette électrique de gamme moyenne, dont le coût ne dépassera pas 500€. Ces engins offrent un général un très bon rapport usage/coût. Pour des trajets en ville ou pour vous promener, ils pourront tout à fait convenir. A noter cependant : si vous envisagez votre engin comme un véritable moyen de transport, les modèles à moins de 200€ risquent de ne pas vous donner satisfaction. Ces trottinettes électriques à prix “entrée de marché” sont plutôt pensées pour vos déplacements très occasionnels, sur de très courtes distances. Si vous avez un vrai besoin de mobilité, équipez-vous donc en conséquence !


Sécurité et assurances : des normes communes à tous les usages

Quel que soit votre usage, l’utilisation du casque est fortement recommandée. Par mesure de sécurité, pensez à vous équiper votre trottinette et vos vêtements en systèmes d’éclairage et de réflexion.


Enfin, n’oubliez pas de souscrire une assurance en responsabilité civile ! Il existe de plus en plus d’offres d’assureurs adaptées qui prennent en compte les différents types d’usages et d’utilisateurs pour offrir une couverture pertinente.

Moyen de transport à part entière, la trottinette ne doit pas être choisie à la légère.

Aussi, ne laissez pas le prix diriger votre choix ! Gardez en tête que le choix doit avant tout dépendre de votre utilisation : certaines sont réservées aux loisirs et d’autres sont plus adaptées à un usage quotidien.

Pour vos enfants, privilégiez des trottinettes mécaniques, qui permettent une mobilité active et ludique. Et si l’esthétique est aussi une priorité pour vous, pas de panique : les marques sont de plus en plus nombreuses à concevoir des engins design, adaptées aux goûts de chacun.

Enfin, faites confiance aux magasins labellisés, qui ont une politique d’accompagnement complète : avant de faire votre choix, fiez-vous à des professionnels qui sauront questionner en profondeur votre pratique et vos besoins, quitte à vous proposer un engin autre que celui auquel vous pensiez, s’il correspond davantage à votre usage !


Jean AMBERT

New mobility & Micromobility Expert

Directeur des études et de la prospective de la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité.

CEO et fondateur de Smart Mobility Lab


EDPM : Des moyens de transport qui cherchent encore leur place dans l’espace public

Mobilité responsable : la place des EDPM dans l’espace public dépendra de la sensibilisation des usagers aux normes et exigences de sécurité, et de la capacité des professionnels à responsabiliser les consommateurs.

Depuis la crise sanitaire, 27 % des Français déclarent avoir modifié leurs modes de déplacements habituels, ce qui traduit une transformation profonde des modes de transports. Trottinettes électriques, gyropodes, skateboards électriques, hoverboards… Aujourd’hui, c’est 72 % des 18-34 ans qui envisagent le recours aux EDPM pour se déplacer.


Dans ce contexte post-confinement, il nous a semblé nécessaire d’analyser ces nouveaux usages ainsi que les risques et l’accidentalité liés, afin de faire de la sécurité des usagers notre priorité. Ainsi, le 8 octobre 2020, la Fédération Française de l’Assurance (FFA), Assurance Prévention et la Fédération des Professionnels Micro-Mobilité (FP2M), ont lancé une étude* d’envergure sur le sujet, réalisée par Smart Mobility Lab. Elle recueille la vision des utilisateurs d’EDPM, mais aussi celle des autres usagers de l’espace public sur les nouvelles mobilités, avant et après le confinement.



Malgré une utilisation accrue, un sentiment de vulnérabilité sur l’espace public


L’usage des EDPM n’est pas le même pour tout le monde. L’étude révèle qu’1 usager sur 2 utilise occasionnellement des trottinettes électriques en libre-service, tandis que les usagers possédant un EDPM en ont une pratique régulière. Si les autres utilisateurs de l’espace public s’accoutument peu à peu à ces nouvelles pratiques de déplacement, la crainte des accidents est néanmoins importante, comme le montre la note de confiance de l’ensemble des usagers de l’espace public (7,2/10). Les utilisateurs d’EDPM ne sont pas plus rassurés (6,4 / 10).

En cause, deux insuffisances soulevées par l’épanouissement rapide du marché des micro-mobilités :

-       Une insuffisance de l’équipement et des dispositifs de sécurité, notamment dans le libre-service.

-       Un niveau d’information insuffisant chez les utilisateurs, autant sur leurs obligations (exemple l’assurance en responsabilité civile) que sur leurs droits..

Un sentiment d’insécurité routière atténué par le contexte sanitaire

Près d’1/4 des usagers de la route a déjà été exposé à des accidents divers (chute, collision, excès de vitesse) en lien avec un EDPM. Ces accidents aboutissent dans 11% des cas à un séjour aux urgences hospitalières, et ont donné lieu à 10 décès en 2019[1]. Un bilan peu avantageux pour ces engins, que près de la moitié des Français perçoivent comme dangereux ou gênants.

Et cependant, cette perception a sensiblement changé depuis le début de la crise sanitaire actuelle, surtout avec le déconfinement qui a rendu nécessaire les déplacements respectueux les contraintes sanitaires. Les EDPM se sont en effet imposés comme une solution viable et efficace de mobilité. La crainte qu'ils pouvaient susciter  laisse peu à peu place à une image plus « utilitaire » comme moyen de déplacement.


[1] Chiffres sur la sécurité routière 2019 : https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Les-chiffres-de-la-securite-routiere-en-2019-des-resultats-consolides-en-metropole-la-necessite-d-une-action-resolue-dans-les-outre-mer


Comment, alors, concilier la nécessité pour de nombreux usagers d’avoir recours à ces engins, tout en maintenant un certain niveau de sécurité sur l’espace public ? Une des réponses serait d’accorder pleinement leur place aux EDPM, en soulignant les droits, mais aussi les devoirs des usagers.

Sensibiliser pour mieux protéger

Si l’étude met en exergue la perception très contrastée du risque entre les utilisateurs d'EDPM et les autres usagers de l’espace public. Mais elle analyse surtout la  typologie des divers accidents impliquant ces nouvelles mobilités. L’impact de la qualité de l’infrastructure, la nécessité d’accroître le niveau de connaissance des usagers quant aux règles de circulation, la sensibilisation des utilisateurs à un comportement responsable sur la route. Cette étude montre aussi et surtout le travail important fait par les professionnels de la filière industrielles sur la qualité des engins, leur sécurité car ils arrivent en queue de peloton des facteurs facteurs de risque à l’utilisation des nouvelles mobilités.





Étude de la Fédération Française de l’Assurance (FFA), d’Assurance Prévention et de la Fédération des Professionnels Micro-Mobilité (FP2M), réalisée par Smart Mobility Lab en 2 volets. Étude quantitative menée en 2 temps : du 21 février au 5 mars 2020 auprès de 5 014 répondants et du 5 au 11 septembre 2020 auprès de 1 013 répondants France entière âgés de 18 ans et plus. Étude qualitative menée auprès de 65 participants dans 8 focus groups à Paris et à Lille du 21 au 31 janvier 2020


ATELIER N°2 : Baromètre 2019 et études Impact COVID

La profession monitore le développement de la pratique

La FP2M a mis en place un baromètre des chiffres du marché de la micro mobilité. Cet outil permet de doter les acteurs de la filière de chiffres collectés et consolidés par des techniques analytiques modernes et fiables. L’objectif de cet atelier est de donner aux adhérents de la FP2M des outils stratégiques opérationnelles basées sur des chiffres. Organisée sous forme d’atelier, la FP2M propose un moment de remue-méninge permettant des analyses prospectives fines sur les évolutions de la filière

La seconde partie de l'atelier sera consacrée à l'analyse de l'impact de la crise COVID19 en ce basant sur: un sondage "impact" effectué auprès des adhérents de la fédération et une étude FP2M/SmartMobilityLab sur les intentions des français post-déconfinement en matière de mobilité.


Baromètre du marché de la micro mobilité 2019

Avec 1,861 millions d'EDP* (Engins de Déplacements personnels) vendus en 2019, et une tendance toujours à la hausse au premier trimestre 2020, la micro-mobilité, reconnue comme mode de mobilité à part entière (inscrite au code de la route depuis 2019), apporte aujourd'hui une réponse concrète aux nouveaux enjeux de mobilité et particulièrement à partir du 11 mai.

"La vente en 2019 de plus de 478 000 trottinettes électriques en France (+105% croissance en volume) symbolise l’appropriation massive par les Français d’un mode de déplacement de plus en plus prisé au sein de nos villes. C’est une solution de déplacement personnel adoptée tout le long de l’année, et particulièrement recommandée durant la crise sanitaire que nous traversons. Les EDPM, en tant qu’engins de déplacement personnel motorisés assurent la sécurité sanitaire de leurs possesseurs, en répondant aux besoins profonds d’une mobilité légère, pratique et efficace. Le baromètre FP2M / Smart Mobility Lab confirme ce basculement vers un usage massif des engins de micro-mobilité sur le segment mobilité urbaine (934 000 engins vendus en 2019 pour 194,1 M€ de CA)."

Jean Ambert, CEO de Smart Mobility Lab.

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UNE BAISSE SIGNIFICATIVE DES ENGINS DE MOBILITÉ LOISIRS AU PROFIT DE LA MOBILITÉ URBAINE

En volume, le marché électrique continue sa croissance malgré une baisse significative des ventes d'hoverboards (star de la mobilité loisirs), qui passent de 302 000 unités vendues en 2018 à 82 000 en 2019. En revanche le marché des trottinettes électriques (star de la mobilité urbaine) explose et connaît une croissance de 74 % en valeur (190,9 M€) et de 105 % en volume avec 478 800 unités vendues.

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478 000 trottinettes électriques vendues et des demandes de la part d'entreprises pour aider le retour de leurs salariés à partir du 11 mai

 

Produit phare de la mobilité douce et durable, la trottinette fait l'objet de demande de la part d'entreprises soucieuses d'accompagner leurs salariés à limiter leurs trajets en transport en commun ou en voiture. Plusieurs avantages sont mis en avant : - la nécessité de proposer un mix-transport bas carbone aux salariés soucieux de leur impact environnemental - la praticité et la facilité de stockage en toute circonstance (bureau, domicile, transport en commun, voiture) - un moyen de mobilité "transportable" notamment pour les derniers kilomètres, pour les salariés en déplacement multimodal intégrant les transports en commun, ou garés en périphérie des villes pour terminer leur trajet.

En 2019, le marché de la micro-mobilité reste largement dominé par les trottinettes mécaniques et électriques qui représentent à elles seules 68 % du marché. Les engins avec selles (mini-scooters, draisiennes, trottinettes) séduisent par leur praticité et continuent leur croissance.

TROTTINETTES MÉCANIQUES : Volume : 1 254 800 (+18 %) / Valeur : 66.5 M€ (+7%)
TROTTINETTES ÉLECTRIQUES : Volume : 478 800 (+105 %)/ Valeur : 190.9 M€ (+ 74 %)
HOVERBOARDS : Volume : 82 000 (-267%) / Valeur : 12.6 M€ (-10 %)
ENGINS AVEC SELLE : Volume : 29 000 (+244 %) / Valeur : 8.5 M€ (+136 %)
GYROROUES : Volume : 5 500 (+31 %) / Valeur :4.8 M€ (+ 25 %)
GYROPODES : Volume : 1 700 (-22 %) / Valeur : 2.4 M€ (-21 %)
SKATE BOARD ÉLECTRIQUE : Volume : 7 700 / Valeur : 1.0 M€

Communiqué de presse 2019