La mobilité urbaine à l'ère post COVID19

La crise sanitaire aura révélé l’utilité des outils de travail numériques. Mais elle souligne également l’impossibilité de passer au tout-télétravail dans certains secteurs : dans les quartiers d’affaires notamment, comme la Défense, c’est toute une économie (restauration, commerces de proximité) qui s’effondrerait si le télétravail devait se généraliser. Pourtant, les mesures de distanciation nécessaires (masque obligatoire, interdiction de manger…) rendent les transports en commun peu accueillants pour de nombreux usagers. Une situation qui profite aux Engins de Déplacement Personnels Motorisés (EDPM), dits également “de mobilités douces”, qui, à côté du vélo, voient leur côte explosé auprès des travailleurs. Ils constituent un très bon compromis entre le besoin de mobilité et les exigences d’isolation physiques et donc prennent de plus en plus de place dans le paysage urbain, posant de nombreuses questions quant au partage de l’espace au quotidien.

Et la situation post-crise est une occasion de plus pour les professionnels de structurer le marché de ces nouvelles mobilités, et d’amener les utilisateurs à un usage encore plus responsable de leur moyen de déplacement ?

Une généralisation des préoccupations écologiques et sanitaires

 

La crise du COVID-19 l’a montré : nous vivons les conséquences sanitaires d’une action humaine excessive sur les ressources naturelles. Dans un article paru récemment dans The Guardian, Inger Andersen, directrice de l'ONU Environnement, estime que 75% des maladies infectieuses viennent de la dégradation de la biodiversité ! Depuis le début de la crise, on constate une réelle prise de conscience des Français face aux enjeux climatiques, et une volonté de changer les habitudes. Ainsi, une récente étude BVA menée pour EDF démontre que 40% des Français jugent que la pandémie rend plus urgente la lutte contre le réchauffement climatique. Comme l’analyse Adélaïde Zulfikarpasic, directrice du département Opinion de l'institut BVA, « Les Français attendent une relance économique, mais une relance verte ». Cette préoccupation grandissante se reflète aussi dans la remise en cause du thermique et l’augmentation des achats d’engins de micro-mobilité électriques, beaucoup moins polluants que les traditionnelles voitures. En 2019 déjà, les ventes de trottinettes électriques ont progressé de 105 % en volume, et ce chiffre est encore en croissance depuis le déconfinement.

 

Aux préoccupations écologiques et sanitaires viennent s’ajouter les règles et mesures de sécurité sanitaires, qui bouleversent elles aussi les usages quotidiens des Français. C’est en tout cas ce qu’analyse Jean Ambert, le responsable étude et prospective de la FP2M : « On sent qu'un grand nombre de Français cherchent des solutions pour se déplacer en évitant les transports en commun ». En ce sens, les EDPM comme les trottinettes électriques sont de parfaits moyens de transports pour les trajets du quotidien, d’où leur succès en cette période bousculée.

En France comme ailleurs, certaines grandes villes s’adaptent à la forte augmentation du trafic des vélos et des engins personnels, en construisant de nouvelles pistes cyclables, certaines provisoires et d’autres, espérons-le, pérennes. La région Île-de-France a débloqué 300 millions d'euros pour développer divers solutions et ouvrir 650 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires après le confinement.

 

La nécessaire réorganisation de l’espace urbain

 

L’usage accru des mobilités douces pose évidemment le problème du partage de l’espace urbain. Il suffit d’embarquer dans un VTC en plein Paris aux heures de pointe pour s’en rendre compte : les automobilistes fustigent sans compter les usagers du vélo et des nouvelles mobilités, les cyclistes hurlent après les nouvelles mobilités et les automobilistes, les adeptes de la marche revendiquant leur droit à l’espace public. Il faut évidemment que tous trouvent un équilibre satisfaisant pour tout le monde pour éviter que nos villes se transforment en capharnaüm invivable : chacun doit faire des efforts, faire un pas vers les autres usagers de la route, anciens ou nouveaux.

L’une des premières difficultés que les professionnels observent est l’hétérogénéité des usagers de la route en termes de comportement et de connaissance d’un texte de base ; le code de la route. Concernant les utilisateurs de EDPM, selon une étude menée par la FP2M, l’Association Prévention Routière et Allianz, les conducteurs d’EDPM sont de trois types :

  • les utilisateurs habitués, usagers au quotidien dans leurs déplacements domicile travail
  • les usagers occasionnels, dont l’utilisation, en location très souvent, peu être de type « utilitaire » mais qui très souvent sont dans une utilisation « loisirs » des EDPM
  • les usagers ponctuels, les « one-shot », les utilisateurs les moins aguerries aux règles de conduite et les plus problématiques sur un point de vue sécurité routière, sans pour autant exonérer les autres.

Les professionnels doivent donc prendre à bras le corps un double challenge :: la responsabilisation des utilisateurs, et le partage apaisé de l’espace urbain. Mais le chantier ne s’arrête pas là.

Repenser une mobilité durable, résiliente et inclusive

 

Car pour relever ce défi, il ne suffira pas d’organiser la ville en prévoyant des espaces provisoires, ni de se reposer uniquement sur les premiers textes législatifs existants. Les mobilités douces, longtemps perçues comme des solutions éphémères, s’imposent à présent comme des alternatives à d’autres modes de transports, au même titre que les voitures ou les vélos. Cela suppose qu’au lieu de restreindre, il faudra responsabiliser, et donner une place aux usagers des nouvelles mobilités. En formant des experts qui vont accompagner l’utilisateur dans son choix et le sensibiliser aux questions de sécurité routière.

En cette période charnière de Covid, il peut être nécessaire de se rappeler la définition du mot “crise” : tiré du grec krisis, il renvoie à la notion de décision. En matière d’urbanité, cette crise offre donc l’occasion de prendre des décisions essentielles : accompagner au mieux les professionnels et les utilisateurs et donner une réelle place, avec droits et devoirs, à ces nouveaux usagers de la route. La FP2M prend sa part dans ces challenges.

 


La FP2M lance le label "Magasins qualité de service en micro-mobilité"

CAP SUR LA QUALITÉ POUR LA RENTRÉE 2020 DE LA MICRO-MOBILITÉ :
La FP2M lance le label "Magasins qualité de service en micro-mobilité"

Après la réglementation et la filière de recyclage, la FP2M s'empare du sujet de la qualité de service des
magasins de la micro-mobilité.

Fabrice Furlan, Président de la FP2M explique les raisons de ce label : « Les EDPM sont plus que jamais présents
dans le paysage urbain, notamment les trottinettes électriques dont les ventes ont, pour rappel, encore été multipliées par 2 en 2019 avec 478 000 unités vendues. La Fédération des Professionnels Micro-Mobilité est mobilisée sur les questions de sécurité et du bon usage de ces engins et cela doit passer par une haute qualité de service et de pédagogie des magasins. Les critères pour obtenir ce label "Magasins Qualité de Service en micro-mobilité", sont la garantie d'un processus qui permet que chaque futur utilisateur devienne un utilisateur "averti" sur le bon usage, la sécurité, l'assurance, l'entretien et le recyclage. ».

Les magasins qui souhaitent obtenir ce label doivent répondre aux différentes "obligations" déclinées dans les 8
articles du référentiel, et en fonction de leur score, le niveau de leur qualité de service est évalué par un label
"OR", "ARGENT" ou "BRONZE".

Les 8 articles du référentiel couvrent tous les points essentiels liés à l'usage de la micro-mobilité

Au profit des utilisateurs : information sur l’obligation d’assurance, sensibilisation du
futur utilisateur au code de la route, au bon comportement routier, au bon usage de la batterie, aux modalités de recyclage (retour au magasin ou auprès des points de collecte pour recyclage*), essais systématiques de prise en main, conseils sur accessoires de sécurité...
Au profit des professionnels vendeurs : obligation d’assurance du point de vente,
formation régulière à destination du personnel conseil à la vente, sensibilisation à l’utilisation d’EDPM, communication pour aide à la vente...

Pour accompagner les magasins dans leur démarche, la FP2M met à leur disposition des référentiels de sensibilisation, et s’engage à faire des actions de communication pour assurer la promotion et la visibilité du Label et des points de vente labellisés.

Pour Fabrice Furlan, le travail de la FP2M est majeur : « Sur ce marché en hyper croissance (plus d’1 million de
trottinettes électriques vendues en 3 ans), nous devons être très actifs pour soutenir son développement et nous
assurer que toutes les conditions, réglementaires, environnementales et d’usage accompagnent au mieux
l’expansion de ces nouvelles mobilités douces dans notre quotidien. »

Fabrice Furlan,

Président de la FP2M

* En 2019 la FP2M a mis en place la première filière de recyclage 360 °de trottinettes électriques en France en partenariat avec Screlec et Ecologic

À PROPOS DE LA FÉDÉRATION FP2M

La FP2M représente et défends les intérêts de toutes les composantes économiques de la filière micro-mobilité et accompagne la croissance exponentielle de la filière.
La Fédération FP2M, au travers de ses actions, entend promouvoir une nouvelle mobilité qui s’insère dans les chaines modales existantes. Cela en lien avec la volonté des autorités françaises, et européennes, de développer des modes de déplacement alternatifs et décarbonés.

Contact presse

Pascale GILLARD

pascale.gillard@gmail.com

La mobilité urbain et périurbaine est confrontée à un vent de renouveau sans précédent

La mobilité urbaine et périurbaine est confrontée à un vent de renouveau sans précédent au 20ème et 21ème siècle.
Après des décennies du règne quasi exclusif des voitures à motorisation thermique, avec la voiture notamment, de nouveaux modes de propulsion viennent prendre une place importante dans le paysage.
Mieux, de nouveaux modes de déplacement offrent aux villes et aux localités périurbaines des alternatifs tour à tour plus flexibles, adaptées à une demande devenue protéiforme, en phase avec les problématiques d’encombrement mais surtout plus respectueuses de l’environnement.e

La multiplication des solutions de déplacement caractérisera les décennies à venir.

Dans cette prolifération d’offres, plus ou moins pertinentes, les nouveaux engins de déplacements personnels, dit EDP, s’imposent comme le chaînon manquant de l’intermodalité en matière de déplacement.

Outre les déjà bien présents trottinettes à propulsion musculaire et autres skate-boards, pour une frange bien précise de la population, le développement de la motorisation électrique est venue offrir de nombreuses solutions de mobilité douce à celles plus actives précédemment citées. Nous assistons depuis quelques temps à une vraie révolution dans la façon de se déplacer en environnement urbain et périurbain.

Les véhicules de plus en plus innovants participent à cette nouvelle offre de mobilité qui couvre les usages les plus variés du quotidien: le tourisme, promenade, usage ludique. Les usages professionnels se développent que ce soient pour les entreprises de sécurité ou de livraison de courrier. Mais ces engins participent également à l’émancipation des personne à mobilité restreinte ou à léger handicap. Et tout ceci pour des besoins communs : des trajets courants de faible ou moyenne distance.

Ce foisonnement de véhicules et d’usages n’est pas sans causer des difficultés et une nécessité d’adaptation. En premier lieu, évidemment, la sécurité de ces nouveaux véhicules qui nécessite l’implémentation d’analyse de risques complète qui prendrait compte toutes les questions liées au freinage, à la stabilité, aux contraintes électriques, l’inflammabilité, etc…

En second lieu, aussi sensible que le premier; quelle est (sera) la place de ces engins sur l’espace public ? Quand les engins à propulsion musculaire sont clairement assimilés aux piétons, les véhicules à motorisation électriques posent nettement plus question. Où dans l’espace public ? Sur les voies piétonnes ? Avec ou uniquement sur les pistes cyclables ? Sur les chaussées limitées à 30 Km/h ? Et le corolaire de toutes ces questions est un second niveau de questionnement qui seraient, en vrac et de façon non exhaustives: les vitesses maximales, le port d’équipements de sécurité, l’âge d’utilisation, etc…

La trottinette, reine des nouvelles mobilités

Nous vous attendons.

Pour accompagner ce marché qui croît, se densifie et mature; le secteur a la nécessité absolue de se regrouper en collectif uni, visible et capable de donner une réplique pertinente aussi bien aux différentes autorités qu’aux divers organisations et associations concernés par la question des mobilités douces et actives. Les sociétés Décathlon, Micro Mobility France, REVOE et Eco-Riders ont lancé le mouvement de mise en commun des compétences afin de défendre des intérêts communs.

Cette fédération récemment créée s’ouvre à toutes les parties prenantes qui entendent accompagner l’éclosion et participer à la stabilisation du marché des Engins de Déplacement Personnel, qu’ils soient électriques ou non. Nous vous attendons.